Mardi 24 novembre 2009
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Anne-Marie Bertrand a ouvert les Rencontres en reprenant une partie du bilan du projet quadriennal d'établissement de l'enssib. Simples rappels puisqu'il est de toute façon possible de se renseigner en ligne sur le centre Gabriel Naudé, ou par exemple de suivre
le projet Bel16 sur le blog qui lui est consacré, mais aussi annonce de projets comme celui de rédaction avec les étudiants de monographies sur l'histoire des bibliothèques et des
bibliothécaires.
Le projet de cette demi-journée était d'évoquer le numérique à travers l'expérience d'établissements, de collègues (Noëlle Balley, Bibliothèque Cujas ; Nathalie Doury, Parisienne de photographie ; Pierre-Emmanuel Guilleray, Bibliothèque municipale de Besançon ; Catherine Dhérent, Bibliothèque nationale de France ; Patrick Bazin, Bibliothèque municipale de Lyon, décommandé), ces retours d'expérience étant suivis d'un débat.
Isabelle Westeel, modérateur et intervenant, a planté le décor avant de laisser la parole aux intervenants.
Je précise qu'il vaut mieux lire sa biographie sur le BBF plutôt que sur 123people parce que je vous assure qu'elle ne ressemble pas à Martine Aubry ou à l'abbé Pierre. Si elle a bien écrit un livre avec Martine Aubry c'est parce qu'à Lille une Martine Aubry peut en cacher une autre. C'est d'ailleurs fascinant ce passage au catalogage des personnes et cet automate qui tisse sa toile, avec cet espoir qu'hyperlier suffisamment, ce pourrait être intelliger... Pour l'instant, ce copier-coller est souvent surréaliste, mais cela ne durera peut-être pas... alors dépêchons-nous de rire de l'incongruité de ces cadavres exquis, avant qu'ils ne nous ressemblent trop.
Le diaporama d'I. Westeel commençait par rappeler la définition par l'IFLA des bibliothèques numériques, les réalisations nombreuses signalées sur le site Patrimoine numérique, à travers le recensement de Lionel Maurel (Ave S.I.Lex !) sur un compte delicious (http://delicious.com/domaine), la page Bibliothèques numériques de Bibliopédia... sans oublier les réalisations des archives et des musées.
Puis ce sont des rapports d'enquêtes qui ont été présentés : 40 % des projets signalés dans les 157 bibliothèques concernent la campagne d'enluminures de manuscrits médiévaux menée par l'IRHT, et d'après la DLL 52 % des documents numérisés par les établissements ne sont pas en lignes (soupirs de soulagement dans l'assistance : "ouf, on n'est pas les seuls", puis honte d'avoir été soulagés). Où sont-ils alors ? dans des armoires. Coup de grâce : les internautes ne vont pas sur les sites des bibliothèques.
Je passe sur d'autres enquêtes, il suffira de citer le rapport de l'OCLC en 2009 "What Users and Librarians Want", celui d'Europeana en 2007 "Rapport de bilan sur les usages et attentes des utilisateurs".
Parmi les difficultés qui peuvent être évoquées, telles qu'une insuffisante prise en compte du numérique par les services informatiques dans les collectivités, une faiblesse de l'offre logicielle etc., I. Westeel a attiré l'attention sur une ignorance dont les conséquences peuvent être lourdes, celle tout simplement de la définition de ce qu'est un projet : "Le projet définit l'ensemble des activités qui sont prises en charge, dans un délai et dans les limites des ressources imparties, par des personnes qui y sont affectées dans le but d'atteindre des objectifs définis" (AFNOR Z67-100-1).
Pour compléter : Westeel, Isabelle, « Le patrimoine passe au numérique », BBF, 2009, n° 1, p. 28-35 [en ligne] <http://bbf.enssib.fr/> Consulté le 24 novembre 2009.
Le premier retour d'expérience présenté fut celui de la bibliothèque Cujas, déjà évoqué sur le blog A la Toison d'or, et c'est pourquoi je ne m'y attarderai pas.
Je voudrais juste revenir sur l'importance des retours d'expériences, même les échecs, et j'irai jusqu'à dire surtout les échecs. Pourquoi surtout ? parce que chercher à éviter les erreurs ne veut pas dire éviter de les penser, au contraire. Il doit y avoir un droit à l'erreur, il est si facile de ne pas en faire ; il doit y avoir un devoir de l'analyser, il est si facile de refaire la même. Que nous a conseillé Noëlle Balley ? on pourrait le résumer en un verbe : tester. L'interdiction de communiquer sur le contenu sélectionné pour numérisation a empêché de tester la pertinence de ce contenu, et ces erreurs ont été détectées par le dialogue avec la BnF (ce que vous voulez numériser est déjà en cours de numérisation) ou avec des usagers potentiels (on ne veut pas d'édition princeps, de caractères gothiques avec des abréviations, mais des éditions du dix-neuvième siècle, et ne vous fiez pas à vos statistiques de consultation car on ne vient dans telle bibliothèque que si on ne trouve pas ailleurs...). Tester le scanner avant de l'acheter, c'est bien aussi...
Le deuxième retour d'expérience fut exposé par Nathalie Doury, directrice de la Saeml Parisienne de Photographie, du côté donc prestataire, ou plutôt délégataire (de service public). Je dois avouer que j'ai été tellement médusé par leur capacité à s'autofinancer (pour un budget annuel de 3 millions d'euros, 2,2 millions d'euros de recttes propres et une participation fixe de la ville de Paris aux missions de service public de la ville de Paris de 800 000 euros) que j'en ai gardé le stylo en l'air. Je suis enthousiasmé par le copyleft, et suis convaincu qu'un service de reproduction dans une petite bibliothèque pourrait difficilement s'autofinancer, ne serait-ce qu'à 75 %. Dans une petite commune où devis et factures sont faits à l'ancienne, la gratuité coûte moins cher. Mais un changement d'échelle ne permettrait-il pas au moins de réduire les frais pour services rendus (je ne parle pas des douteux et imprécis "droits de reproduction") ?
Pour compléter : le site Paris en image animé par la Parisienne de photographie (accès libre et gratuit à 25 000 clichés)
Le troisième retour d'expérience fut rapporté par Pierre-Emmanuel Guilleray, de la bibliothèque municipale d'étude de Besançon. Le corpus numérisé en interne de 2002 à 2007 fut présenté, puis le corpus défini pour la période 2007-2013. Le budget de numérisation de 15 000 euros par an, donc 75 000 est important, mais les serveurs de la ville avec accès dédié sont arrivés à saturation à 5.8 To. Ce sont donc deux disques durs qui prennent le relais pour 2 To. Note pour plus tard : traîner inviter son Directeur du service informatique aux rencontres de bibliothécaires.
Enfin Catherine Dhérent, adjointe chargée des questions cientifiques et techniques auprès du Directeur des services et des réseaux, BnF, a évoqué le schéma numérique des bibliothèques. Son intervention me semble avoir repris à peu près celle qui a été prononcée lors des Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux le 23 mars 2009 et archivée sur le site de l'ACIM. Je renvois donc au PowerPoint en pdf.
Du débat qui a suivi ces interventions, je retiendrai, en vrac :
- que dans le cadre d'une coopération entre l'école nationale vétérinaire de Toulouse et Wikimédia France une partie des ouvrages a été numérisée et est consultable en mode image ou texte
- que la mise en place d'un plan de numérisation partagée se fait par de nombreuses voies, de l'appel à projet aux contacts informels, et qu'il faut (je me répète, non ?) DIALOGUER
- que les bibliothécaires s'interrogent doivent prendre garde, dans le cadre d'une concurrence des activités à mener, à ne pas faire seul et moins bien ce qu'ils pourraient externaliser. Pierre-Emmanuel Guilleray a ainsi rappelé qu'il n'y avait pas besoin d'un scanner pour faire de la numérisation, au contraire...
Le projet de cette demi-journée était d'évoquer le numérique à travers l'expérience d'établissements, de collègues (Noëlle Balley, Bibliothèque Cujas ; Nathalie Doury, Parisienne de photographie ; Pierre-Emmanuel Guilleray, Bibliothèque municipale de Besançon ; Catherine Dhérent, Bibliothèque nationale de France ; Patrick Bazin, Bibliothèque municipale de Lyon, décommandé), ces retours d'expérience étant suivis d'un débat.
Isabelle Westeel, modérateur et intervenant, a planté le décor avant de laisser la parole aux intervenants.
Je précise qu'il vaut mieux lire sa biographie sur le BBF plutôt que sur 123people parce que je vous assure qu'elle ne ressemble pas à Martine Aubry ou à l'abbé Pierre. Si elle a bien écrit un livre avec Martine Aubry c'est parce qu'à Lille une Martine Aubry peut en cacher une autre. C'est d'ailleurs fascinant ce passage au catalogage des personnes et cet automate qui tisse sa toile, avec cet espoir qu'hyperlier suffisamment, ce pourrait être intelliger... Pour l'instant, ce copier-coller est souvent surréaliste, mais cela ne durera peut-être pas... alors dépêchons-nous de rire de l'incongruité de ces cadavres exquis, avant qu'ils ne nous ressemblent trop.
Le diaporama d'I. Westeel commençait par rappeler la définition par l'IFLA des bibliothèques numériques, les réalisations nombreuses signalées sur le site Patrimoine numérique, à travers le recensement de Lionel Maurel (Ave S.I.Lex !) sur un compte delicious (http://delicious.com/domaine), la page Bibliothèques numériques de Bibliopédia... sans oublier les réalisations des archives et des musées.
Puis ce sont des rapports d'enquêtes qui ont été présentés : 40 % des projets signalés dans les 157 bibliothèques concernent la campagne d'enluminures de manuscrits médiévaux menée par l'IRHT, et d'après la DLL 52 % des documents numérisés par les établissements ne sont pas en lignes (soupirs de soulagement dans l'assistance : "ouf, on n'est pas les seuls", puis honte d'avoir été soulagés). Où sont-ils alors ? dans des armoires. Coup de grâce : les internautes ne vont pas sur les sites des bibliothèques.
Je passe sur d'autres enquêtes, il suffira de citer le rapport de l'OCLC en 2009 "What Users and Librarians Want", celui d'Europeana en 2007 "Rapport de bilan sur les usages et attentes des utilisateurs".
Parmi les difficultés qui peuvent être évoquées, telles qu'une insuffisante prise en compte du numérique par les services informatiques dans les collectivités, une faiblesse de l'offre logicielle etc., I. Westeel a attiré l'attention sur une ignorance dont les conséquences peuvent être lourdes, celle tout simplement de la définition de ce qu'est un projet : "Le projet définit l'ensemble des activités qui sont prises en charge, dans un délai et dans les limites des ressources imparties, par des personnes qui y sont affectées dans le but d'atteindre des objectifs définis" (AFNOR Z67-100-1).
Pour compléter : Westeel, Isabelle, « Le patrimoine passe au numérique », BBF, 2009, n° 1, p. 28-35 [en ligne] <http://bbf.enssib.fr/> Consulté le 24 novembre 2009.
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Le premier retour d'expérience présenté fut celui de la bibliothèque Cujas, déjà évoqué sur le blog A la Toison d'or, et c'est pourquoi je ne m'y attarderai pas.
Je voudrais juste revenir sur l'importance des retours d'expériences, même les échecs, et j'irai jusqu'à dire surtout les échecs. Pourquoi surtout ? parce que chercher à éviter les erreurs ne veut pas dire éviter de les penser, au contraire. Il doit y avoir un droit à l'erreur, il est si facile de ne pas en faire ; il doit y avoir un devoir de l'analyser, il est si facile de refaire la même. Que nous a conseillé Noëlle Balley ? on pourrait le résumer en un verbe : tester. L'interdiction de communiquer sur le contenu sélectionné pour numérisation a empêché de tester la pertinence de ce contenu, et ces erreurs ont été détectées par le dialogue avec la BnF (ce que vous voulez numériser est déjà en cours de numérisation) ou avec des usagers potentiels (on ne veut pas d'édition princeps, de caractères gothiques avec des abréviations, mais des éditions du dix-neuvième siècle, et ne vous fiez pas à vos statistiques de consultation car on ne vient dans telle bibliothèque que si on ne trouve pas ailleurs...). Tester le scanner avant de l'acheter, c'est bien aussi...
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Le deuxième retour d'expérience fut exposé par Nathalie Doury, directrice de la Saeml Parisienne de Photographie, du côté donc prestataire, ou plutôt délégataire (de service public). Je dois avouer que j'ai été tellement médusé par leur capacité à s'autofinancer (pour un budget annuel de 3 millions d'euros, 2,2 millions d'euros de recttes propres et une participation fixe de la ville de Paris aux missions de service public de la ville de Paris de 800 000 euros) que j'en ai gardé le stylo en l'air. Je suis enthousiasmé par le copyleft, et suis convaincu qu'un service de reproduction dans une petite bibliothèque pourrait difficilement s'autofinancer, ne serait-ce qu'à 75 %. Dans une petite commune où devis et factures sont faits à l'ancienne, la gratuité coûte moins cher. Mais un changement d'échelle ne permettrait-il pas au moins de réduire les frais pour services rendus (je ne parle pas des douteux et imprécis "droits de reproduction") ?
Pour compléter : le site Paris en image animé par la Parisienne de photographie (accès libre et gratuit à 25 000 clichés)
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Le troisième retour d'expérience fut rapporté par Pierre-Emmanuel Guilleray, de la bibliothèque municipale d'étude de Besançon. Le corpus numérisé en interne de 2002 à 2007 fut présenté, puis le corpus défini pour la période 2007-2013. Le budget de numérisation de 15 000 euros par an, donc 75 000 est important, mais les serveurs de la ville avec accès dédié sont arrivés à saturation à 5.8 To. Ce sont donc deux disques durs qui prennent le relais pour 2 To. Note pour plus tard : traîner inviter son Directeur du service informatique aux rencontres de bibliothécaires.
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Enfin Catherine Dhérent, adjointe chargée des questions cientifiques et techniques auprès du Directeur des services et des réseaux, BnF, a évoqué le schéma numérique des bibliothèques. Son intervention me semble avoir repris à peu près celle qui a été prononcée lors des Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux le 23 mars 2009 et archivée sur le site de l'ACIM. Je renvois donc au PowerPoint en pdf.
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Du débat qui a suivi ces interventions, je retiendrai, en vrac :
- que dans le cadre d'une coopération entre l'école nationale vétérinaire de Toulouse et Wikimédia France une partie des ouvrages a été numérisée et est consultable en mode image ou texte
- que la mise en place d'un plan de numérisation partagée se fait par de nombreuses voies, de l'appel à projet aux contacts informels, et qu'il faut (je me répète, non ?) DIALOGUER
- que les bibliothécaires s'interrogent doivent prendre garde, dans le cadre d'une concurrence des activités à mener, à ne pas faire seul et moins bien ce qu'ils pourraient externaliser. Pierre-Emmanuel Guilleray a ainsi rappelé qu'il n'y avait pas besoin d'un scanner pour faire de la numérisation, au contraire...
Par Cecitueracela
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Publié dans : Evénément ponctuel
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